Programme
19:00 — Atelier impro — 30’
par Léa Viglino, Quentin Marotine, Vincent Dumangin, Ulysse Sacchettini
19:30 — Live — Pleurage, Emilien Lesage – spatialisation Qingqing Teng
Pleurage est une performance électronique intimiste qui fait appel à la mélancolie de la bande magnétique et de machines obsoletes, réveillées de leur sommeil pour chanter leurs souffles, leurs craquements et leurs dérives. Entre mémoire et effacement, le signal vacille et laisse entendre la poésie de la dégradation.
20h15 — Pièces acousmatiques
Thomas Merlin, En prise, 2026 — 6’46
« En Prise » est une pièce électroacoustique créée dans le cadre d’une installation sonore au musée de la photographie Nicéphore Niepce. Elle fait écho à l’exposition « Face à ce qui se dérobe : les clichés de la folie ». Inspiré notamment par le travail de Marion Gronier, ce voyage sonore nous fait entrer dans des têtes électriques où des mots et des ondes invisibles s’entrechoquent, se caressent, se mêlent pour électrifier nos oreilles qui prennent la pose.
Léa Viglino, Les oiseaux se cachent pour chanter, 2025 — 7’30
Animés par le désir de saisir l’essentiel, les sons nous parviennent déformés, dégradés, saturés de parasites sonores — traces laissées par l’homme. Nous soustrayons, amplifions, isolons, rehaussons, dans l’espoir d’atteindre une pureté sonore. Mais ces chants d’oiseaux que nous poursuivons avec tant d’avidité se transforment en illusions, en chimères. Le constat est alarmant. L’homme gagne du terrain, les oiseaux sont en alerte. Déboussolés, ils cherchent à retrouver leur place d’horlogers du ciel.
Ulysse Sacchettini, Forces, 2025 — 3’00
Les Choses engendrent leurs Choses opposées. Dans l’Existence, dans l’univers, dans nous. Dans tout.
Aude Husson Patru, Parturition, 2026 — 8’00
Parturition (accouchement), résulte d’un début de recherche sonore autour de la vaste question des frontières et contacts entre Dedans et Dehors.
Christine Groult, À chaque fois qu’une étoile explose…, 2018 — interprétation Vincent Crolet — 10’40
A chaque fois qu’une étoile explose… est une commande pour France Musique pour l’émission d’Anne Montaron “création mondiale” (Alla Breve). Les contraintes sont formelles, cinq fragments de 2’ pour chaque jour de la semaine, réunis le samedi en une pièce de dix minutes.
Les arbres, êtres autotrophes, fabriquent leur nourriture à partir de l’énergie solaire et des minéraux issus de la dégradation des matières organiques des roches et de l’eau de la terre. Ils ne sont pas condamnés comme nous à la prédation. Alors de la sève des arbres de notre planète terre j’ai dérivé vers la galaxie du soleil, et là c’est l’explosion et les nuages de matières qui ont retenu mon attention.
Julie Honoré, Après le BIP, 2026 — 7’00
Depuis quelques années j’enregistre régulièrement les messages laissés sur répondeur, j’aime les tonalités de voix qui en ressortent, les tournures plus où moins habiles déposées comme traces sonores sur un temps défini et périssable. Inspiré d’un cadavre exquis téléphonique réalisé pendant la période du confinement, j’ai tenté ici d’explorer, de disséquer et de jouer avec cette ‘matière téléphone’: bip, sonnerie, tonalité, voix, souffles, grain, grésillement etc… dans un contexte particulier et absurde où les ‘textures téléphone’ deviennent l’expression de sensations.
21h00 — Live — We use cookies, Simon Henocq – spatialisation Armando Balice
Dans We Use Cookies, le son devient une matière brute, vivante et indomptée, explorant les tensions entre chaos et contrôle, pulsations électro-noise et ruptures radicales. Les couches sonores se construisent, se déconstruisent et se dissolvent sous nos yeux. La musique se transforme en un langage physique et instinctif, plongeant l’auditoire dans une expérience sensorielle intense à la frontière du son et de la matière.
22h00-23h00 — Pièces acousmatiques
Ulysse Sacchettini, Que veut dire exister, 2025 — 9’30
Il ne se trouve pas de Néant : Le Néant est une notion de négation de toutes choses : Le Néant inclut dans ces choses la notion d’Existence : Le Néant n’existe pas. Mais il se trouve l’Existence. Il se trouve la Matière. Il se trouve que la Matière s’organise.
Aalderik de Vries, Extinction, 2025 — 11’52
« L’IA survivra-t-elle à l’humanité ? »
La question était restée sans réponse, mais le temps lui, ne se contente pas du silence. Lorsque les enfants de la 7ème régénération foulèrent le sol terrestre, les neuf incarnations s’affrontèrent pour la première fois. Par sa faculté unique, et par tant convoitée, à communiquer avec Granåmah, Da Brain permis à l’Ammanité naissante de s’installer sur le 3ème Cercle, prenant ainsi la place des Bostnétics. À la 12ème régénération la Conscience Intégrée fut recouvrée. Il fallait maintenant se projeter à des milliers, voire des millions d’années, car cette échappée salvatrice, pour un temps conscience d’un monde, devrait inspirer la Métacognition Universelle née de l’Individu et mener ainsi à l’Origine.
Quentin Marotine, BUG, 2024 — 9’23
Cette pièce s’inspire du livre Le grand orchestre des animaux du bioacousticien américain Bernie Krause, dans lequel il décrit la richesse et la complexité de la biophonie, l’ensemble des sons produits par les êtres vivants. Krause met en lumière la manière dont les organismes se partagent naturellement l’espace sonore, chacun trouvant sa place au sein d’un équilibre acoustique fragile. Il souligne également le constat alarmant d’une biophonie progressivement réduite au silence par le bruit des activités humaines, qui perturbe et repousse les habitats naturels. À partir de ces observations, cette pièce explore la possibilité d’un « vivant » au sein du matériau électronique. L’environnement sonore proposé est principalement issu de la synthèse, cherchant à évoquer un écosystème artificiel, en tension entre organisation, saturation et disparition.
Bruno Capelle, Grand village, 2019 — interprétation Quentin Marotine — 10’30
Musique acousmatique réalisée à l’automne 2018 en Aubrac. Composer de la musique (et en écouter) est pour moi un acte spirituel pouvant s’associer à une sorte de méditation active. Un savoureux mélange de contrôle et de “laisser aller”. Une prière païenne aussi inutile que nécessaire. Un monde parallèle bien réel.
Bernard Parmegiani, Capture Éphémère (version 4 pistes - 1967) — interprétation Aalderik de Vries — 12’00
À l’origine cette capture fut celle du battement d’ailes d’un oiseau qui passait, traversant un ciel vierge dans le désert de la mer Morte. L’oiseau devenu invisible, ce battement persista longuement dans ma tête. Ailleurs, des souffles incertains nés d’un courant qui n’était pas d’air, des micro-sons échappés d’on ne sait quelle “chose” effervescente, des chutes libres de minéraux instables instantanément figés comme un arrêt sur le temps… Autant d’événements qui laissent une trace permanente “au-dedans”.
[Bernard Parmegiani]
• Création Studio 105 de la Maison de la Radio, Paris le 30 Mai 1967
Biographies
- Christine Groult
Si les moyens électro-acoustiques sont au cœur de la démarche compositionnelle de Christine Groult, la qualité expressive des sons choisis et l’émotion qui s’en dégage demeurent cruciales pour elle, aussi bien au moment où elle décide de les enregistrer qu’à celui où elle les transforme car, ce qui l’intéresse avant tout, ” c’est le potentiel poétique des sons et la recherche de nouvelles dramaturgies ». J.Y.Bosseur
Elle pratique la composition concrète/acousmatique, travaille en collaboration avec d’autres artistes et poursuit sa recherche sur le live et la collaboration avec des instrumentistes expérimentaux. Elle conçoit des scénographies musicales qui unissent la musique et le lieu dans des sites porteurs d’imaginaire.
Christine Groult a été élève à la fois, au Groupe de Recherches Musicales (GRM) de Radio France, au conservatoire expérimental de Pantin et à la Sorbonne en musicologie et linguistique. Elle a été assistante au département de pédagogie à l’IRCAM. Ensuite elle a enseigné la composition électroacoustique au Conservatoire de Chalon-sur-Saône puis de Pantin jusqu’en 2015. - Bernard Parmégiani
Compositeur français, né à Paris le 27 octobre 1927, mort à Paris le 21 novembre 2013.Son œuvre, très diversifiée, est essentiellement consacrée à la musique électroacoustique dont il est l’un des pionniers. Attaché à l’exploration et à l’invention d’un matériau sonore nouveau, il expérimente des dispositifs originaux de production destinés à révéler les multiples aspects de la nature du son à travers ses œuvres de concert (80 opus) ; il réalise aussi de nombreuses musiques «appliquées» à la radio, à la télévision, à la scène, au ballet, au cinéma, à la publicité ; ainsi que des génériques, des sonals dont celui de l’aéroport Charles de Gaulle. - Bruno Capelle
Compositeur, artiste sonore, guitariste et pédagogue. Il développe depuis plus de trente ans un travail de composition dans le domaine de la musique acousmatique. Parallèlement il aime s’impliquer dans des performances au sein de dispositifs et installations sonores qu’il réalise et développe une pratique électroacoustique live (synthétiseur analogique). Également membre de BONUX (avec Iris Lancery), duo électro poëtique expérimental. Sa musique électroacoustique et ses performances sonores sont présentées régulièrement en France et à l’étranger. Il donne des conférences, travaille dans différentes structures d’organisation de concerts et de promotion de la musique, ainsi que dans divers projets pédagogiques. Il est actuellement co-directeur artistique de la compagnie Trip Phonique.
« La musique de Bruno Capelle qui a tous les précieux atours de la simplicité, met en jeu pour cela une grande complexité, quand bien même serait-elle intuitivement conçue.» (Philippe Mion) - Vincent Dumangin
Vincent Dumangin entre en musique avec le Hautbois, au conservatoire d’Annecy dans la classe de Philippe Vachez, puis dans celle de César Ognibene au conservatoire de Lyon. Curieux, il participe à la fondation de l’ensemble Aisthesis pour la création et la diffusion de la musique contemporaine. Cet intérêt pour la création et les formes nouvelles l’accompagnera tout au long de son parcours de musicien. Il étudie également la direction d’orchestre auprès de Philippe Cambreling puis de Nicolas Brochot et l’exerce auprès de différents ensemble depuis plus de 15 ans (Orchestre de Chambre de Chalon sur Saône, orchestre de la CCM, Orchestre inter-écoles du département, académie d’été de Beaune). La contrebasse, sa dernière et grande aventure en date, l’a conduit tout naturellement auprès de Pierre Sylvan qui lui a permis de découvrir cet instrument avec exigence et professionnalisme. Depuis quelques années il se forme à l’électroacoustique et réalise de nombreux projets mixtes. Il enseigne et dirige dans différents contextes en Bourgogne du Sud (CRR de Chalon-sur-Saône, orchestres à l’école, orchestres inter-écoles, CRD de Montceau les mines). - Ulysse Sacchetini
Après avoir découvert les musiques électroniques au conservatoire de Romans-sur-Isère, en Drôme, Ulysse Sacchettini poursuit son parcours au conservatoire de Chalon-sur-Saône dans le but de devenir artiste, musicien, et compositeur pour des projets multi-disciplinaires autant que pour des projets personnels. - Quentin Marotine
Musicien professionnel, Quentin Marotine travaille depuis 2006 dans le champ du spectacle vivant, en collaboration avec des compagnies de théâtre et de cirque. Depuis 2022, il suit l’enseignement d’Armando Balice et le cursus de composition électroacoustique au CRR du Grand Chalon, dans la perspective de l’obtention d’un DEM en 2026. Parallèlement, il engage un cycle de formation dédié à la création sonore radiophonique au sein de Phonurgia Nova à Arles, où il bénéficie notamment des enseignements de Benoît Bories, Marc-Antoine Granier, Sophie Berger, ainsi que de l’audio-naturaliste Marc Namblard. Il a également suivi diverses formations professionnelles auprès de compositeurs et développeurs d’outils d’informatique musicale, notamment Olivier Sens (Usine Hollyhock) et Philippe Olliviers (Logelloop), ainsi qu’une formation avec le compositeur Michel Risse autour de la création sonore en espace public à la FAIAR à Marseille. Aujourd’hui, son travail s’articule principalement autour de la création sonore, du documentaire sonore de création et des installations sonores, explorant les liens entre écoute, espace et narration. - Léa Viglino
En 2019, Léa intègre le Conservatoire de Chalon-sur-Saône, où elle suit un double cursus en théâtre et en musiques actuelles amplifiées. Son désir d’acquérir un savoir-faire technique et la recherche d’une nouvelle manière de composer, la pousse à s’orienter vers la musique électroacoustique. Elle fait ses premiers pas dans la discipline au Conservatoire Massenet de Saint-Etienne auprès de Diego Losa, compositeur argentin. En 2023, elle fait son retour au Conservatoire du Grand Chalon afin de poursuivre sa formation dirigée par Armando Balice et Sami Naslin. - Vincent Crolet
Originaire du Jura, Vincent Crolet est créateur sonore dans le domaine de la musique électroacoustique ainsi que pour des ambiances sonores dans le cinéma.Il a commencé comme Dj puis, il a suivi le cursus musical de D.E.M au C.R.R de Paris dans la classe de Denis Dufour. Parallèlement, il a effectué plusieurs formations avec Michel Chion ainsi, qu’une formation professionnelle dans la prise de son microphonique au Studio de Meudon avec Julien Bassères et Patrick Thevenot. Actuellement, il prépare son CEPI au C.R.R de Chalon sur Saône dans le cursus d’électroacoustique avec Armando Balice. Parmi ses pièces, certaines ont été jouées sur l’acousmonium Alcôme et Motus. - Julie Honoré
Julie Honoré est plasticienne, après des études d’arts appliqués et de théâtre à Paris et Lyon, elle rejoint le CRR de Chalon-sur-Saône pour un cursus en musiques électro acoustique. Elle affectionne particulièrement les matières sonores comme outil pour créer et les mets au service de projets de spectacles et de créations radiophoniques. - Thomas Merlin
Après un passage par les Beaux-Arts de Besançon (ERBA) et de Chalon-sur-Saône (EMA),Thomas Merlin poursuit des études à Lyon en gestion de projets culturels et travaille ensuite pour divers groupes de musiques et compagnies. En parallèle, il joue dans des formations aux influences musicales allant du post-punk au courant brui4ste en passant par la new-wave. Il se produit actuellement au sein de Drapeau Vide et de Rozzether. Après des années de pratique autodidacte, il intègre le Conservatoire à Rayonnement Régional du Grand Chalon en double cursus Musiques Actuelles Amplifiées et Musique Électroacoustique. La rencontre décisive avec Sami Naslin et Armando Balice lui ouvre de nouveaux territoires créatifs. Il développe un gout prononcé pour la composition électroacoustique en mélangeant sources électroniques et sons naturels enregistrés pour créer des peintures sonores. - Aude Husson-Patru
Chanteuse, chercheuse, pédagogue, Aude Husson Patru enseigne le chant (spécialité chanson/musiques actuelles amplifiées) au CRR du Grand Chalon. Elle est ponctuellement pressentie pour diriger ou apporter sa contribution à des projets mettant en scène chanteurs, comédiens et instrumentistes. Titulaire d’un Master 2 “Musicologie de la Création et de la Performance” obtenu en 2016, elle mène des travaux de recherche autour de l’histoire de la chanson française. Elle a fondé en 2017 la Compagnie XIX dont elle assure la direction artistique. Son intérêt pour la radio et les multiples manifestations du phénomène sonore l’a également conduite à se former à l’Electroacoustique depuis 2021. - Aalderik de Vries
Aalderik de Vries apprend enfant le piano, puis la batterie et les percussions. Étudiant, il suit un cursus de percussions classiques tout en poursuivant des études de musicologie. Dès ses débuts, il commence à enseigner la musique. En 2022, il reprend des études au conservatoire de Chalon-sur-Saône, d’abord en Musique ElectroAcoustique, puis en Musique Actuelle Amplifiée.En parallèle de sa carrière de musicien, Aalderik continue de partager sa passion à travers l’enseignement et la création, tout en s’engageant dans des projets collaboratifs et des performances live qui résonnent avec son approche de la musique, mêlant exploration sonore et expérimentations musicales.